Dans un voyage comme celui-ci, on passe la plupart de notre temps dans la nature. On se retrouve nous, notre tente, notre vélo dans cette immensité. On apprend à vivre avec elle et aussi à y résister: le froid, la pluie, le vent, l'humidité mais également les insectes. On se sent alors vulnérables, tout petits et insignifiants, et on comprend qu’à la différence des autres animaux, l’évolution a fait qu’on n’est définitivement plus armés pour vivre dehors. Mais, en même temps, cette nature offre tellement de spectacles éphémères qu'il est difficile de s'en passer. Ce renne passant derrière notre tente alors que nous cuisinons, le soleil de minuit et ses tons orangés interminables, les jeux de couleur d'une journée pluvieuse, les cascades rugissantes, les arc-en-ciels... La liste pourrait ne jamais s'arrêter. Subir la météo c'est aussi chanter de joie en voyant le soleil, faire une course contre une averse menaçante, se cacher de la pluie, désespérer, espérer. C'est en quelque sorte vibrer au rythme des nuages. Traverser tous ces paysages extraordinaires à vélo c'est également avoir des frissons, des larmes aux yeux, avoir des sentiments décuplés par l'effort et le temps passé pour y arriver.